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Les histoires de Jaha

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Les histoires de Jaha Empty Les histoires de Jaha

Message  william1941 Mar 10 Aoû 2021 - 13:20

Jaha et l'âne du Sultan
 
Jaha rentre chez lui.
Sa femme lui demande s’il a trouvé de quoi faire bouillir la marmite, car il n’y a plus rien dans le garde-manger :
« Ne m’importune pas avec ces questions domestiques femme.
- Ah ! oui. Tu as sans doute trouvé un moyen magique de mettre quelque chose dans nos assiettes tout à l’heure ?
- Il s’agit bien de cela. J’ai en tête un projet bien plus lucratif que la recherche de quelques maravédis par jour.
- Voyez-vous le grand génie. Et on peut savoir comment ce miracle va se produire ?
- Tu le sauras ce soir. »
Le soir, Jaha revient la mine fière et le pas digne.
« Alors, comment comptes-tu remplir la marmite ?
- J’ai un emploi au palais du sultan !
- Toi ! Un emploi au palais du sultan. Ne te moque pas de moi ! Ils ne t’embaucheraient même pas pour ramasser les crottes de leurs chameaux
- Femme, si tu continue sur ce ton tu vas goûter de mon bâton.
- Qu’est-ce que c’est encore que ces sornettes ?
- Je vais apprendre à lire à l’âne du sultan.
- Qu’est-ce que tu es encore en train d’inventer? »
Jaha ne répond pas. Prend sa chibouque et son tabac et s’installe sur un pouf.
Il savoure l’agitation de sa femme et son incrédulité . 
« Jaha, s’il te plait dis-moi dans quoi tu t’es encore fourré. »
Jaha tire une grande bouffée, exhale longuement…
- Tu as lu l’affiche au marché disant que le sultan cherche quelqu’un pour apprendre à lire à son âne Yafour.
- Oui ! et alors ?
- Alors, j’ai obtenu la fonction.
Nous serons logés et nourris au palais plus un salaire de 5 000 maravédis par mois que la lune fait, et un cadeau de 100 000 maravédis à la fin de mon travail.
- Mais enfin, tu es devenu fou. Un âne ne peut pas apprendre à lire.
- Eh ! Je le sais bien.
- Tu as lu l’affiche jusqu’au bout ?
- Bien sûr
- Alors tu as vu que si tu échoues, le bourreau te coupera la tête.
- Oui.
- Jaha, s’écrie la pauvre femme, tu es devenu fou. ! »
Jaha tire à nouveau une grande bouffée de sa chibouque.
« Je suis parfaitement sains d’esprit Ô ! femme de peu de foi qui n’a pas confiance dans le mari exceptionnel qu’Allah lui a donné.
- Exceptionnellement écervelé, ça oui.
- Cesse tes lamentations. Je ne suis pas idiot.
J’ai expliqué au sultan que c’est une tâche de longue haleine.
- Qu’est-ce que tu veux dire.
- Je lui ai dit que je veux bien m’engager sur ma vie à apprendre à lire à son âne mais que cela prendra quinze années.
- D’accord. Mais dans quinze ans l’âne ne saura toujours pas lire et on te coupera la tête !
- Dans quinze ans !  Peut-être que le sultan sera mort. Peut-être que l’âne sera mort. Peut-être que je serai mort.
Je crois, que des deux, l’âne, c’est le sultan, qui pense pouvoir prévoir la volonté d’Allah quinze ans à l’avance.
Fais nos bagages. Demain on s’installe au palais. »
Et Jaha, continua à fumer sa chibouque, perdu dans ses rêves d’avenir.
Le lendemain, au matin, un émissaire du palais vint prévenir Jaha que ce n’était plus la peine qu’il se dérange.
L’âne était mort dans la nuit. Pour le dédommager de la perte de son emploi le sultan lui faisait parvenir un mois de salaire. Et le messager lui remis 5000 maravédis.
Jaha se dit qu’il avait eu de la chance car lui aussi avait misé sur la volonté d’Allah.
Il allait demander au messager de dire au sultan que le dédommagement lui paraissait mince, mais il se ravisa.
Les têtes tenaient mal sur les épaules de ceux qui se faisaient remarquer en exprimant un mécontentement à l’égard du sultan.
Au lieu de quoi il dit au messager : « Dites bien à Notre Sultan et Maître que je suis profondément attristé par la mort de mon élève et que je le remercie de tout mon cœur pour sa générosité. »
En même temps il glissait dans la main du messager une pièce d’or de cent maravédis.
Et il ne put s’empêcher d’ajouter : Informez-le que je peux aussi, s’il le souhaite apprendre à lire à son mulet Daïdol aux mêmes conditions. »
Jaha annonça la nouvelle à sa femme.
Elle se réjouit de ce qu’elle considérait comme une grande chance.
Quand Jaha lui dit qu’il avait fait une offre de service pour apprendre à lire au mulet du sultan, elle recula de trois pas pour être hors de portée de son bâton et lui lança :
- Imbécile ! tu as offensé Allah en ne te contentant pas de l’aide qu’il t’a donné pour te tirer du mauvais cas où tu t’étais mis .
Espérons qu’il ne t’en tiendra pas rigueur. »
Jaha leva son bâton. Mais il le reposa. Dans sa tête, une idée nouvelle et surprenante se faisait jour : Est-ce qu’il était possible qu’une femme ait raison ?
Il secoua la tête et sortit marcher pour réfléchir à cette question étonnante, qui remettait en cause les fondements même des relations conjugales.
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Les histoires de Jaha Empty Qu'allah veile sur toi cet après-midi!

Message  william1941 Mar 10 Aoû 2021 - 14:02

Qu’Allah veille sur toi cet après-midi
 
Par un une belle fin de matinée, après être allé à la mosquée comme tous les vendredis, Jaha était installé sur un banc du café ou il savourait son narghilé habituel.
Il vit arriver vers lui un voisin.
« Bonjour Jaha, qu’Allah tout Puissant de protège.
Tu es là pour un moment ? »
Jaha, un peu surpris de cette entrée en matière, lui dit que son narghilé était bien avancé.
Le voisin s’assit à côté de lui :
« J’ai une affaire à te proposer. »
Jaha ne répond pas et le regarde tout en continuant à fumer.
« Est-ce qu’on pourrait se voir cet après-midi ? 
- Cet après-midi ?
- Oui
- C’est une affaire qui ne peut pas attendre ?
- Non
- Alors pourquoi ne pas nous voir demain ?
- Eh bien, c’est que cette affaire ne peut pas attendre
- Mais quand je te l’ai demandé tu m’as dit que non. Il faut savoir. Elle peut attendre ou elle ne peut pas attendre.
- Elle ne peut pas attendre.
- Bien. Cette fois c’est clair. Passe chez moi vers trois heures, nous aurons le temps de parler avant la prière.
- A tout à l’heure mon bon Jaha »
Il recommence à tirer consciencieusement sur son embout.
Mais la magie n’opère plus.
Qu’elle peut bien être cette affaire que le voisin veut lui proposer.
Un vendredi !
Il arrête de fumer, se lève et prend le chemin de sa maison.
Sur ses pas il rencontre Selim un de ses amis avec qu’il a coutume de commercer
«  Tu as l’air bien préoccupé.
- J’attends qu’on me propose une affaire.
- Pour l’instant, je n’ai rien à te proposer. Sûrement d’ici une huitaine de jour. Un transport de thé.
- Ce n’est pas cela. Ahmed veut me proposer une affaire. Il vient me voir cet après-midi pour en discuter.
- Ahmed…
- Oui, Ahmed
- Ah !
- Quoi Ah?
- Rien. Qu’Allah veille sur toi cet après-midi !» Et l’ami reprend son chemin sans autre explication.
Jaha reste un instant planté au milieu de la rue.
Que voulait dire ce : Ah !
Décidément l’après-midi s’annonce délicate.
Il poursuit sa route et vois Ali qui vient en face de lui.
«  Bonjour Ali.
- Bonjour Jaha. Tu as l’air préoccupé.
- Je réfléchis. Ahmed doit passer chez moi cet après-midi. Il dit qu’il a une affaire à me proposer.
- Ah !
- Quoi Ah ?
- Rien. Qu’Allah veille sur toi cet après-midi ! »
Et Ali repend son chemin.
Jaha est de plus en plus surpris par les réactions de ses amis.
Il rentre chez lui et commence par manger la bonne chorba spéciale du vendredi que sa femme a préparée en l’attendant.
Malgré un tour de taille respectable il s’autorise quelques loukoums  -c’est vendredi, Allah prendra soin de son embonpoint- puis demande un café.
Pendant que sa femme fait bouillir l’eau il dit :
« J’ai vu Ahmed au café.
- Notre voisin ?
- Oui.
- Mais il ne va jamais au café. Sa femme raconte partout qu’il dit que c’est un endroit qu’Allah désapprouve.
- Je sais. C’est bien pour cela que j’ai été surpris.
- Et c’est tout ?
- Non, il est venu me parler pendant que je fumais mon narghilé.
- Sa femme raconte partout qu’il dit que le narghilé est une invention du diable.
- Je sais. C’est pour cela que j’ai été encore plus surpris
- Et qu’est-ce qu’il voulait ?
- Me proposer une affaire.
- Une affaire ? Ahmed ? Un vendredi ? Quelle affaire ?
- Je ne sais pas. Il viendra vers trois heures pour en discuter avant la prière.
- Et il ne t’a rien dit de plus ?
- Non. Sauf que c’est une affaire qui ne peut pas attendre.
- Du coup il ne te reste plus qu’à attendre.
- En revenant, j’ai rencontré Selim et je lui ai dit qu’Ahmed voulait me voir pour me proposer une affaire
- Que t-a-t-il dit
- Il m’a dit Ah !
- Comment Ah ! C’est tout ?
- Non il a ajouté : Qu’Allah veille sur toi cet après-midi !
- Et c’est tout ?
- Non, j’ai aussi rencontré Ali.
- Tu lui a dit qu’Ahmed voulait te proposer une affaire cet après-midi ?
- Oui.
- Et qu’est-ce qu’il t’a dit ?
- Il m’a dit : Ah ! Qu’Allah veille sur toi cet après-midi !
- Et c’est tout.
- Oui. Alors je réfléchis. Je me demande ce qu’ont voulu ne pas me dire Selim et Ali et qu’elle affaire Ahmed peut bien avoir à me proposer.
- Bois ton café et fais la sieste. Tu y verras plus clair après.
 Et tu n’auras qu’à écouter Ahmed. Ça ne t’engage à rien.
 
Dès que Jaha est parti dans la chambre, sa femme met son voile et sort.
Elle revient une heure après et va immédiatement à la chambre où Jaha dort d’un sommeil alourdi par la fumée, la chorba et les loukoums du vendredi.
- Jaha,Jaha !
- Qu’est-ce qu’il se passe ? Pourquoi m’as-tu tiré de mon sommeil réparateur ?
- Ecoute, pendant que tu réparais ton corps, je suis allé voir la femme de Selim et celle d’Ali.
- Grand bien te fasse d’aller pérorer avec ses cancanières.
- Ces cancanières comme tu dis m’ont appris quelque chose d’important.
- Qu’est-ce que deux femmes peuvent bien avoir d’important à dire.
- Elles ne sont pas sourdes en tout cas. Et elles entendent les discussions de leurs maris.
- Et donc, que t’ont-elles dit de si important ?
- Elles m’ont donné l’explication des « Ah ! »
- Des :Ah ?
- Oui, et aussi des : « qu’Allah veille sur toi cet après-midi ! »
- Et dis-moi, quelles informations capitales t’ont-elles données, dit Jaha sur un ton moqueur.
- Tes amis n’ont rien voulu te dire car ils ne voulaient pas intervenir dans tes affaires.
- C’est fort élégant de leur part.
- Ahmed est déjà allé les voir pour leur proposer une affaire. La même à chacun d’eux
Ils ont refusé.
- La même affaire ? A chacun d’eux? Et c’est cela ta chose importante !
- Oui. Ahmed voulait leur emprunter de l’argent. Comme le saint Coran interdit le prêt à intérêt il leur a proposé une part des bénéfices qu’il compte réaliser avec argent. »
Jaha, s’asseoit sur son lit.
« - Mais cela peut être une bonne affaire.
- Sauf qu’Ahmed est endetté jusqu’au turban et que cet argent lui servira à éponger une partie de ses dettes.
Adieu, la bonne affaire, adieu les bénéfices et adieu le bel argent. »
Abasourdi par ces révélations Jaha reprend sa superbe et dit
« Laisse-moi femme.
Tu penses bien que je savais tout cela. Et c’est bien pourquoi j’ai repoussé la discussion avec Ahmed jusqu’à cet après-midi. Cela me laisse le temps de trouver un biais pour refuser sans qu’il puisse se fâcher.
Laisse-moi maintenant. Je vais réfléchir. Allez !
Et Jaha rejoins le salon où il s’asseoit sur un pouf et se prépare une chibouque pour l’aider à trouver le moyen de sortir de cet embarras.
Il est à peine trois heures quand Ahmed se présente chez lui.
Il le fait entrer, l’installe dans le salon et ordonne
- Femme, presse-toi et prépare un bon thé pour mon ami Si Ahmed.
- Ahmed, mon frère, avant de parler de notre affaire, je voudrais te demander ton avis sur un problème qui me préoccupe depuis quelques jours.
- Si je peux t’aider avec le secours d’Allah, j‘en serai heureux. De quoi s’agit-il ?
La femme de Jaha arrive avec un plateau sur lequel il y a une belle théière en argent ciselé, les verres dans leurs supports en fil d’argent et des petits gâteaux dans un petit bol en cèdre sur lequel est sculpté un verset du Saint Coran.
« J’espère que tu as utilisé notre meilleur thé et de la menthe fraiche !
Laisse-nous ! Nous avons à parler de choses sérieuses»
Elle lui jette un regard en biais et s’en retourne.
Tout en servant le thé avec cérémonie Jaha dit d’un air entendu
« Il convient de garder les femmes à leur place dans la maison.
- De quoi veux-tu me parler, demande Ahmed, d’un air important.
- Voilà :  J’ai une mule qui est très malade. Tu sais combien cela coûte cher pour faire soigner nos animaux.
Je sais qu’il n’y a rien à faire. Ma femme ne cesse de me dire de la laisser crever car en la faisant soigner je vais gaspiller de l’argent. Moi, je suis attaché à cette mule. Elle m’a aidé à faire un peu de ma fortune. Du coup je crois que je vais quand même la faire soigner.
Qu’en penses-tu ?
- Je crois que ta femme à raison. Si tu fais soigner une mule perdue tu vas gaspiller ton argent inutilement. »
 
Jaha se lève d’un bond comme si une guêpe l’avait piqué au fondement.
- Sors ! sors de chez moi !
Je ne ferai jamais d’affaire avec un homme qui me fait l’affront de venir dans ma propre maison donner raison à ma femme contre moi ! »
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Message  Gzav Mar 10 Aoû 2021 - 14:37

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Les histoires de Jaha Empty Jaha et le concours de tir à l'arc Illustration Brase d'Anjou

Message  william1941 Dim 15 Aoû 2021 - 0:18

JAHA ET LE CONCOURS DE TIR A L'ARC


Jaha s’était rendu à la grande foire de Souk al Ghozlan.
Il avait réussi à y vendre une vieille haridelle qu’il avait fait passer pour un véritable Pégase (mais ceci est une autre histoire)
Le Bey était présent et un grand concours de tir avait été organisé à cette occasion. Les meilleurs tireurs à l’arc du beylicat y participaient. Notamment le Capitaine commandant de la garde personnelle de Sa Hauteur le Bey Omar el Khalifi.
Jaha et ses compagnons regardaient avec des yeux admiratifs ces archers qui parvenaient à toucher une cible à cent pas une fois sur trois.
Jaha se donnait un air blasé, ponctuant les ratés de commentaires moqueurs sur l’adresse des tireurs.
Un des archers l’entendit et s’approcha :
« Tu dois être un brillant archer pour te permettre de te moquer ainsi des meilleurs archers du beylicat ! »
Pris de court Jaha se préparait à fournir toutes les excuses que le ciel lui permettrait d’inventer pour se sortir de ce mauvais pas.
C’est le moment que choisit l’un de ses compagnons pour se mêler à l’affaire :
« Jaha est d’une grande modestie officier. Le fait est qu’il est l’un meilleurs archers de l’Empire.
Il a concouru avec les meilleurs hommes de la garde personnelle du Grand Tamerlan 
- Bien sûr riposte l’officier. Et il a même gagner le concours contre le grand Tamerlan lui-même qui abat un aigle en plein vol. »
Jaha se trouve bien embarrassé. Il essaie de minimiser son rôle.
« Je n’ai jamais tiré contre le Grand Tamerlan. Et il ne peut s’ empêcher d’ajouter
« Mais c’es sans doute parce qu’il savait qu’il ne gagnerait pas. »
L’officier fait signe à deux gardes qui s’approchent rapidement.
Les compagnons de Jaha ont subitement disparu.
Les deux gardes attrapent chacun Jaha par un bras.
« Suivez-moi aboie l’officier. »
Jaha est littéralement emporté. Ses pieds ne touchent pas le sol.
Il se retrouve devant l’estrade ou le bey est installé, entouré de ses favoris.
« Qu’y a-t-il officier demande le Capitaine de la garde.
- Cet homme prétend qu’il est meilleur archer que le Grand Tamerlan lui-même. »
Le Bey se penche vers Jaha et lui dit : 
«  Vraiment ? Eh bien nous allons voir cela !
Qu’on lui donne un arc et trois flèches.
Tu vas concourir. Si tu touches la cible je te pardonnerai ta forfanterie et tu toucheras dix pièces d’or.
Mais si tu ne la touches pas je te ferai couper le cou sur la place même pour distraire les gens et t’apprendre la modestie. »
Jaha entend déjà les hurlements de la foule au moment où sa tête roulera au sol, tranchée par l’énorme cimeterre du bourreau qui est toujours derrière le Bey. Pour faire réfléchir ceux qui lui parle.
Jaha ouvre la bouche pour demander pardon. il n’a pas le temps de prononcer une parole.
« Emmenez-le et donnez-lui un arc et trois flèches »
Jaha est à nouveau emporté jusqu’au pas de tir du concours.
Sur un signe de l’officier, un des gardes lui passe son arc.
Jaha le prend, le retourne dans tous les sens et dit :
« Ça ne m’étonne pas.
- qu’est-ce qui ne t’étonne pas
- Que tes archers soient aussi mauvais.
- Que veux-tu dire ?
- Qui s’occupe de l’achat des arcs des gardes de Sa Hauteur ?
- Notre capitaine s’en occupe lui-même.
- Je comprends mieux.
 - Qu’est-ce que tu comprends mieux ?
- La mauvaise qualité de cet arc
- Ces arcs sont les meilleurs qui existent et ils coûtent très cher.
- Je ne sais pas s’ils coûtent cher mais ils sont mauvais.
- Ça suffit mets-toi en place et prépare-toi à perdre ta tête »
Jaha n’a plus d’échappatoire.
Qu’Allah me protège pense-t-il.
La cible est constituée d’un mannequin de la taille d’un homme placé assis sur un cheval de bois. Il tient à la main un cimeterre qui lui cache à moitié de la face.
Et elle est à tous les diables !
Il met la première flèche dans l’arc. Vise de son mieux.
La flèche se plante dans le sol vingt pas avant la cible.
L’officier ricane et le bourreau descend de l’estrade où se trouve le bey.
Jaha essaie de faire bonne figure et dit
« Ainsi tire le capitaine des gardes du bey »
Il met la deuxième flèche en place et essaie de bander l’arc plus fortement.
Il y met toute son énergie.
La flèche va se ficher dans le bois du cheval.
Le bourreau s’avance vers le pas de tir et l’officier demande aux deux gardes de se tenir prêts à se saisir de Jaha.
Celui-ci essaie encore de gagner quelques secondes.
Il regarde vers le Bey et crie « Ainsi tire le grand Tamerlan ».
Un Ho ! outré nait dans l’assistance.
Il fait mine de vérifier l’arc. En demande un autre.
En riant l’officier demande à un soldat de lui passer son arc.
Jaha l’examine sous toutes les coutures mais il ne trouve rien à redire.
Alors, il regarde les gens autour de lui. Il voit les visages tendus des spectateurs, des soldats, de l’officier et il remarque le silence qui s’est fait parmi la foule.
Il place la flèche. Bande l’arc aussi fort que lui permet sa bedaine. Ferme les yeux. Murmure ‘Allah’ et lâche la corde.
Il reste les yeux fermés attendant d’être entraîné vers le billot de pierre qui est installé devant l’estrade du Bey.
Un Oh ! formidable jaillit autour de lui.
Il rouvre les yeux et met un peu de temps à comprendre ce qu’il se passe.
La flèche est fichée en plein dans la tête du mannequin.
En voyant cela, Jaha se redresse de toute sa superbe et lance :


Les histoires de Jaha Jaha1010



« Et ainsi tire Jaha ».
L’officier s’écrie : c’est un coup de chance. Il doit retirer. »
Mais la foule commence à murmurer.
Sa Hauteur fait un signe.
L’officier pousse fermement Jaha vers l’estrade.
Le Bey lui dit : «Tu t’appelles Jaha ?
- Oui Votre Hauteur
- Et bien Jaha tu as gagné tes dix pièces d’or.
Je ne sais pas si tu es un bon archer mais je suis sûr que tu es protégé par Allah.
Je t’ai vu regarder les arcs et parler à l’officier.
Que lui as-tu dis ?
Jaha hésite.
Il se demande s’il doit continuer et prendre le risque de prouver au Bey que le Capitaine de sa garde le vole en achetant à bas prix des arcs qu’il prétend payer très cher. Cela pourrait lui rapporter une bonne récompense de la part du Bey.
D’un autre côté comme il est totalement ignorant en matière d’arcs et qu’il n’a dit qu’ils étaient mauvais que pour gagner du temps, cela risque d’être faux. Et le billot est là à côté de lui.
Au final il se dit qu’il vaut mieux arrêter là.
Dix pièces d’or et la vie sauve ce n’est pas mal pour une mauvaise blague de ses compagnons.
- Je lui ai dit que cet arc était une belle arme.
- Mais alors, pourquoi as-tu demandé à en changer ?
- Pour gagner quelques secondes de vie Votre Hauteur.
- Eh bien, tu vas pouvoir jouir de tout celles qu’Allah te destine.
Mais évite à l’avenir de te vanter sottement.
Allah, risquerait de perdre patience…  Et moi aussi ! File.
Jaha ne bouge pas.
- Eh bien ! Qu’attends-tu ? File je t’ai dit.
Pendant ce temps Jaha réfléchissait.
Devait-il demander les dix pièces d’or ?
Finalement il conclut qu’il ne fallait pas pousser trop loin sa chance.
Il s’inclina profondément se retourna et commencer à marcher dignement pour s’éloigner.
« Jaha ! lance le Bey
Il se fige sur place. N’ose plus faire le moindre mouvement !
Et tes dix pièces d’or ! »
Jaha se retourne, s’incline à nouveau profondément et dit.
« Votre Hauteur saura en faire le meilleur usage.
Je me contenterai de la protection bienveillante d’Allah pour mon avenir.
- Tu es un homme sage. Et avisé. » dit le Bey.


Dernière édition par william1941 le Dim 15 Aoû 2021 - 23:45, édité 1 fois
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Message  BobyLaGanache Dim 15 Aoû 2021 - 11:22

William c'est un régal !! T'es contes ont goût d'épices et de miel. Sacré Jaha!
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Message  Gzav Dim 15 Aoû 2021 - 11:34

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Message  Brase d'Anjou Dim 15 Aoû 2021 - 11:41

Je verrai bien Fernandel dans le rôle de Jaha  Wink

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Message  william1941 Dim 15 Aoû 2021 - 12:50

Brase d'Anjou a écrit:Je verrai bien Fernandel dans le rôle de Jaha  Wink

Les histoires de Jaha Jaha10
Oh! oui!
Je peux?
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Les histoires de Jaha Empty Re: Les histoires de Jaha

Message  Jaufré Cantolys Dim 15 Aoû 2021 - 14:46

Merci William ! Couchées par écrit ces histoires de Jaha sont savoureuses. Elles gagneraient encore plus a être racontées de vive voix (avec l'accent arabe). Tu nous les enregistres, dis? Laughing

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Les histoires de Jaha Empty Re: Les histoires de Jaha

Message  william1941 Dim 15 Aoû 2021 - 23:40

Jaufré Cantolys a écrit:Merci William ! Couchées par écrit ces histoires de Jaha sont savoureuses. Elles gagneraient encore plus a être racontées de vive voix (avec l'accent arabe). Tu nous les enregistres, dis? Laughing
Pour préparer l'évènement
N'étant pas sûr de mon talent
Dès demain, c'est bien évident,
J'irai m'inscrire au Cours Florent.
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Les histoires de Jaha Empty La parole de Jaha Illustration Brase d'Anjou

Message  william1941 Mer 18 Aoû 2021 - 3:29

LA PAROLE DE JAHA
 
Demain, c’est le dernier jour du mois de Chaaban
Jaha a rendez-vous ce lendemain soir avec Ali et il lui rendra les 1000 Maravédis que celui-ci lui a prêté.
Malheureusement, son propre débiteur lui a fait faux-bond et Jaha n’a pas cet argent disponible.
Il est fort ennuyé et cherche un moyen de se sortir de cette difficulté sans dire à Ali qu’il n’a pas l’argent.
Il a allumé sa chibouque. Demandé à sa femme de lui servir du thé bien fort.
Installé sur un divan, il réfléchit.
Et quand Jaha réfléchit cela demande beaucoup de fumée.
Il s’en occupe personnellement.
Beaucoup de thé fort.
Son épouse est chargée de cette partie du programme.
Un simple geste du bout du tuyau de la chibouque suffit à faire arriver un nouveau verre de thé.
Jaha fume.
Jaha boit du thé
Jaha réfléchit
Cela fait beaucoup de fumée
Cela l’a déjà fait lever deux fois pour soulager sa vessie.
Cela lui donne mal à la tête.
Mais pour l’instant, cela ne donne pas de réponse à son problème.


Le temps passe.
La pipe fume
Les verres de thé défilent


Les histoires de Jaha Thzo1010



Le mal à la tête s’entête.
Jaha aussi.
Le temps passe.
 
Sa femme lui demande s’il veut manger.
« Est-ce que rester sans manger apportera la réponse à mon problème ?
- Non, bien sûr mais…
- Alors pourquoi voudrais-tu que je me prive de manger si cela ne doit servir à rien. »
Les femmes posent toujours des questions idiotes! marmonne Jaha.
 
Jaha se met à table.
Mais le cœur n’y est pas.
 
Sa femme lui propose d’aller voir celle d’ Ali pour lui dire qu’il est malade et qu’il ne pourra pas le rencontrer demain soir.
« Inutile. Ali n’est pas idiot. Et il prendra très mal cette dérobade.
Et je ne peux pas être malade et rester enfermé jusqu’à ce que Selim m’ait payé les lots de tissus que je lui ai vendu à crédit. »
Jaha repasse le problème dans sa tête pour la nième fois.
« Je ne peux pas lui reprocher son retard. Il m’avait prévenu. Son client est en voyage. Il devait rentrer pour le Ramadan. Mais finalement il aura quelques jours de retard. Et Selim m’avait bien dit qu’il ne pourrait pas me payer tant que son client n’aurait pas fait de même avec lui.
J’ai emprunté les 1000 maravédis à Ali pour payer le négociant qui m’a vendu les lots de tissu.
Il était venu de Gênes avec une bateau et devait repartir rapidement. C’est pourquoi il faisait un prix très intéressant.
Mais voulait être payé au comptant.
Le profit à la revente s’annoncé très copieux. Mais je ne disposais pas de la totalité du prix demandé par le négociant.
Il me manquait 1000 maravédis
Je me suis résolu à les emprunter à Ali.
Et nous avons arrêté une date précise pour la restitution de cet argent : Le dernier jour du mois de Chaaban.
Et maintenant, par mon imprévoyance, Je me trouve placé en situation de devenir un débiteur défaillant ! »
 
Et cela, Jaha ne peut l’accepter!


Sa réputation parmi ses amis et ses relations serait perdue à jamais
Il entend déjà les commentaires.’Jaha n’a pas remboursé Ali’ , ‘Jaha n’est pas quelqu’un de confiance’, ‘Fais bien attention si tu fais des affaires avec Jaha’, etc…, etc…
Jaha est abattu. Il demande à Allah de lui apporter son aide, lui disant qu’il est de bonne foi et que dès qu’il aura récupéré l’argent que lui doit Selim, il remboursera Ali. Il n’est pas malhonnête. Il a juste été imprudent. Peut-être un peu cupide en voulant faire une très bonne affaire. Il ne mérite pas d’être déshonoré pour ça.
 
Bon sang! quel idiot je suis! Et qu’Allah est bienveillant envers moi!
Et il se prépare une autre pipe et demande des loukoums à sa femme.
Celle-ci, vivement étonnée par ce revirement subit d’humeur, s’empresse de lui servir du thé, et lui apporte une assiette de loukoums.
Il s’installe confortablement sur le divan et commence à fumer en buvant du thé et dégustant des loukoums
Intriguée, sa femme lui demande :
« Tu as trouvé une solution à ton problème ? 
- Inch Allah ! je crois que oui.
- Comment vas-tu annoncer à Ali que tu ne peux pas le rembourser demain soir ?
- Je ne le lui dirai pas.
- Et que lui diras-tu ?
- Je le rembourserai !
- Mais tu n’as pas les 1000 maravédis !
- Eh bien, je les aurai !
- Tu sais bien que c’est impossible. Tu m’as dit toi-même qu’il ne te reste que 500 maravédis.
Mais il t’en faut 1000 ! et tu ne les as pas.
- Femme, es-tu en train de me dire que je mens quand je dis que je rembourserai Ali demain soir ?
- Non, je dis seulement que tu rêves.
- Et moi je te dis que tu deviens impertinente et que si tu continues je vais me fâcher.
Laisse-moi maintenant. »
Elle repart à la cuisine et le laisse seul au salon.
Elle tend l’oreille et l’entend murmurer
«Selim,  Mohammed, Djamel, Soliman, Idriss, Abdennour, Ali,
Merci Ô Allah toi qui étend toujours sur moi ta protection et ta miséricorde.
Merci de m’avoir donné cette réponse.»
Sur ce il se lève, ajuste soigneusement son turban et se dirige vers la porte de sa maison.
Sa femme le voyant sortir d’un pas ferme et digne, lui demande
« Où vas-tu ainsi Jaha ? tu marches comme si tu étais chargé d’une tâche importante.
- Tu ne crois pas si bien dire.
Je vais de ce pas accomplir la volonté d’Allah.
- Que racontes-tu ? Te prendrais-tu pour le prophète.
- Femme, ne blasphème pas et montre un peu plus de respect pour le mari intelligent que la volonté d’Allah t’a attribué. Et sur qui il étend sa protection et sa bienveillance
N’ajoute plus un mot. Demain soir tu le regretterais sincèrement et tu en serais malheureuse.
Je rentrerai sans doute un peu tard. Il se peut même que je mange dehors.
Ne sois pas étonnée. »
Et Jaha quitte la maison, laissant une épouse sidérée au milieu de l’entrée.
Effectivement Jaha rentre tard. Mais d’excellent humeur.
Le lendemain il quitte la maison tôt le matin. Toujours aussi serein et digne.
Il revient à l’heure du repas.
Pendant qu’elle lui sert à manger sa femme essaie d’en savoir un peu plus sur ce qu’il a fait la veille et ce matin.
« Je ne discute pas des desseins d’Allah » lui lance-t-il.
Et dès qu’il a fini de manger, il repart.
Sa femme est très soucieuse.
Le rendez-vous avec Ali est pour ce soir et elle craint que Jaha ne rentre pas pour ne pas avoir à se trouver devant son créancier sans pouvoir le payer.
Elle combat son inquiétude en la mitraillant de loukoums.
Jaha revient vers 16.00.
Voyant que sa femme va lui parler , il lève la main et lui dit :
« Veux-tu bien préparer de quoi faire du bon thé pour mon ami Ali dès qu’il arrivera,
Avant qu’elle ne réagisse, il ajoute :
Je vais dans le salon. Ne me dérange pas j’ai des choses à mettre par écrit
Il va jusqu’à une table basse. Prend l’écritoire avec le papier, l’étui à calame et le flacon d’encre de chine.
Il s’installe sur le sol, jambes croisées, sort un calame de l’étui, vérifie sa pointe et le pose sur l’écritoire.
Il ouvre le flacon d’encre et renonce à en verser dans l’encrier de l’étui à calames
Il met l’écritoire sur ses cuisses, prend le calame dans la main droite, pose une feuille de papier sur l’écritoire.
Il trempe précautionneusement le calame dans l’encre et commence à écrire.
Une demi-heure plus tard, il secoue la feuille pour finir de sécher l’encre.
Il la relie attentivement. La pose derrière lui sur le divan.
Il rebouche le flacon d’encre de chine, remet le calame dans l’étui et se lève.
Il remet tout en place sur la table basse et revient prendre la feuille.
Il la roule soigneusement et va la placer dans un sac en toile qui est pendu par sa longue bandoulière à un crochet au-dessus de la table basse.
Il s’installe sur le divan et se prépare à attendre Ali.
Il n’attend pas très longtemps. Il est à peine dix-sept heures vingt quand Ali se présente à la porte de sa maison.
Jaha l’accueille avec un grand sourire et le conduit au salon.
Il le fait asseoir sur le divan et s’installe en face de lui sur un pouf.
Sa femme, qui a entendu le visiteur arriver, apporte, quelques minutes après, un plateau chargé d’une théière fumante, de verres à thé et de quelques loukoums.
Elle pose le tout sur une petite table à côté de Jaha.
Tout en échangeant des banalités avec Ali, Jaha sert le thé.
« Je t’attendais. Je suppose que tu es venu pour récupérer ton argent, dit Jaha sur un ton gêné. »
Le visage d’Ali devient aussitôt soucieux. 
« Eh bien, c’est ce dont nous étions convenus.
Tu devais et donc tu dois me rendre aujourd’hui les 1000 maravédis que je t’ai prêté.
- Enfin plutôt les 960
- Nous étions d’accord pour que tu m’en rendes 1000 n’est-ce pas ? »
Jaha prend un air contrit.
« Je sais que j’ai accepté de t’en rendre 1000. Aujourd’hui ma situation…
- Jaha, ne me dis pas que tu ne me rembourses pas aujourd’hui.
Nous avons tous nos difficultés, mais une promesse est une promesse.
Et je me suis reposé sur ta parole. J’ai besoin de cet argent aujourd’hui même pour honorer un engagement.
Je compte que tu honores le tien. »
Jaha savoure le moment.
« Je te disais donc qu’aujourd’hui, ma situation me permet de te rendre ton argent.
Je te remercie de ta confiance. »
Jaha se lève, va dans le sac à grande bandoulière où il a rangé la feuille de papier roulée et en sort une bourse en velours.
Il revient vers Ali et la lui remet.
« Tu peux vérifier. Le compte y est
- Qu’Allah me garde de te faire cet affront.
Ali pose la bourse à côté de lui sur le divan.
Ils boivent leur thé et grignotent des loukoums en échangeant des politesses et des compliments sur la qualité de leur parole respective.
Après quelques minutes, Ali se lève.
« Je dois partir. Comme je te l’ai dit, je dois moi-même rembourser un créancier tout à l'heure.
Je te remercie encore de me permettre de le faire grâce à la qualité de ta parole.

- Je te remercie de cette appréciation, Ali. Et je sais que venant de toi, cet avis sur ma fidélité à la parole donnée sera reçu avec attention par ceux à qui tu en feras éventuellement part.
Je ne manquerai pas quant à moi à faire savoir à quel point tu es serviable avec tes amis, même quand il s’agit d’importantes sommes d’argent que tu n’hésites pas à leur prêter en te reposant uniquement sur la qualité de leur parole. »
Sur cet échange plein d’intentions, Ali repart.
Jaha, retourne dans le salon et se frotte les mains en disant
« Et d’un »
Sa femme vient le rejoindre dans le salon et sur un ton soupçonneux lui demande :
« Comment diable t’es-tu procuré cet argent ?
A quel usurier as-tu vendu ton âme ?
- Tu as de la chance que je sois de bonne humeur
Sans quoi tes côtes feraient l’apprentissage de la sagesse.
Comment oses-tu m’accuser d’avoir vendu mon âme au diable ? »
Sa femme sent qu’elle est allé trop loin et que cela risque de mal finir pour elle.
«  Mon bon Jaha, comprends mon inquiétude. Je ne doute pas un seul instant de ton intelligence et de ton talent de négociateur. Mais je ne te savais pas prestidigitateur.
- Que racontes-tu encore ? Tu veux vraiment réussir à m’irriter ?
- Bien sûr que non. Mais comment dois-je appeler celui qui transforme de façon magique 500 maravédis en 1000 ?
- Tu n’as pas à chercher son nom car il n’y a pas de magie là-dedans.
Simplement ma réflexion et l’aide d’Allah
- Vas-tu enfin me dire comment tu as fait ?
- C’est pourtant simple. »
Et Jaha explique son astuce à sa femme.
 
Profitons-en pour nous tenir nous-mêmes informés.
 
« Je disposais de 500 maravédis.
Je suis allé voir Djamel.
Je lui ai dit que j’avais besoin de 1000 maravédis pendant 5 jours pour compléter les 5000 maravédis que Je souhaite investir dans un achat important.
Etant entendu qu’il ne m’en prêterait que 950 et que je lui en rendrai 1000
Djamel a flairé la bonne affaire : 50 maravédis gagnés en 5 jours pour 950 maravédis prêtés!
Dans trois jours, si le client de Selim n’est pas revenu, j’irai proposer la même affaire à Idriss
Je lui proposerai le même marché pour un prêt le 4 du mois de ramadan
Et si le client de Selim n’est pas encore revenu, je pourrai rembourser Djamel le 5 du mois de ramadan avec l’argent d’Idriss
J’ai listé ainsi le nom de quelques personnes susceptibles d’être intéressées par de l’argent facilement gagné.
Et ainsi de suite.
Avec les 500 maravédis, j’ai de quoi tenir 45 jours.
- Non lui dit sa femme, 50 jours. 10 fois 5 jours.
- Ne me contredis pas sottement
- Jaha 10 fois 5 jours font 50 jours et 10 fois 50 maravédis font 500 maravédis.
Je ne sais pas lire, mais je sais compter.
- Eh bien si tu savais compter tu compterais les 50 maravédis que j’ai ajoutés aux 950 que m’a prêté Djamel pour rembourser ses mille maravedis à Ali
Il n’y en a donc plus que 450 encore disponibles pour pouvoir emprunter l’argent
- Mais cela te fera dépenser tes derniers maravédis
- Sache femme que mon marché avec Selim me rapportera plus de 3000 maravédis.
- Oui mais jusqu’à ce que Selim te paie cela te coûtera 10 maravédis tous les jours.
- Femme, Ecoute bien ce que je vais te dire :
LA PAROLE DE JAHA N’A PAS DE PRIX. »


Dernière édition par william1941 le Jeu 19 Aoû 2021 - 1:44, édité 3 fois
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Message  Gzav Mer 18 Aoû 2021 - 9:21

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Message  Brase d'Anjou Mer 18 Aoû 2021 - 14:42

Quand Jaha très soif, femme sort les verres. Beaucoup de verres... Wink


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Message  william1941 Jeu 19 Aoû 2021 - 1:41

Brase d'Anjou a écrit:Quand Jaha très soif, femme sort les verres. Beaucoup de verres... Wink


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Brase, Je l'adopte!
Tu n'aurais pas quelques cloukoums cachés dans un coin?
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Message  Brase d'Anjou Jeu 19 Aoû 2021 - 14:43

En voici quelques-uns derrière les verres   Wink

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Message  Gzav Jeu 19 Aoû 2021 - 14:57

Brase, trop bon au jeu des trois erreurs... Wink 

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Message  william1941 Jeu 19 Aoû 2021 - 15:26

Brase d'Anjou a écrit:En voici quelques-uns derrière les verres   Wink

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Merci Brase.
Je les ai récupérés.
Problème: Je les ai mangés!
Ils étaient délicieux!
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Les histoires de Jaha Empty Jaha est un homme sans peur Illustration Brase d'Anjou

Message  william1941 Lun 23 Aoû 2021 - 3:06

JAHA EST UN HOMME SANS PEUR
 
Jaha est installé sur son divan.
Fumant dans sa chibouque un excellent tabac d’Orient que lui a rapporté un commerçant avec qui il était en affaire.
Ayant réussi quelques opérations fructueuses au cours du mois de Chawwal, il estime qu’il a bien gagné le droit de se reposer.
Aussi entretient-il depuis quelques jours sa sérénité avec du thé, des loukoums et du tabac
Vers onze heures il se rend régulièrement au café où il demande du thé et un narghilé et passe des heures précieuses à écouter les histoires qui se racontent autour de lui.
Il rentre ensuite prendre le repas que sa femme a préparé et se rend dans son salon pour, lui dit-il, réfléchir à ses affaires.
Là il s’installe sur son divan et fume benoîtement en grignotant quelques loukoums.
Mais aujourd’hui Jaha a le cerveau agité.
Il a entendu dire au café que le capitaine des gardes a promis de tirer vengeance d’un individu qui l’a humilié devant le bey.
Jaha se souvient d’une mésaventure dont il s’était sorti sans mal. Mais qui aurait pu mal tourner.
Au cours de cette histoire, il avait fanfaronné en se moquant de l’adresse du capitaine au tir à l’arc.
Pour se rassurer, il se dit que certainement d’autres personnes, et bien plus importantes et haut placées que lui auprès du bey, ont bien dû, elles aussi, humilier le capitaine.
Malgré cela, l’idée que ce puisse être lui, gâche sa sérénité.
-Un capitaine des gardes du bey a les moyens de se venger sournoisement de quelqu’un.
- Le bey s’était montré bienveillant avec moi
- Est-ce que cela me met à l’abri des manigances du capitaine ?
Bref, Jaha ne profite pas de son excellent tabac et de ses loukoums.
Il laisse même refroidir le thé que sa femme lui a apporté.
 
Il en est là de ses réflexions quand un officier de la garde du bey se présenta à sa porte.
« Jaha, tu devras te présenter demain à dix heures au palais du bey.
N’y manques pas. Aucune excuse ne sera admise
- Pourquoi sa Hauteur souhaite-t-elle ma présence devant elle ?
- Tu le sauras bien assez tôt »
S’en est fini de sa tranquilité.
Jaha ne peux s’empêcher de relier cette convocation avec ce qui se disait au café : le capitaine des gardes cherche à se venger de quelqu’un qui l’a humilié devant le bey.
Il n’ose pas en parler à sa femme, craignant qu’elle ne lui reproche sa vantardise et son inconscience qui l’ont peut-être mis dans ce mauvais cas.
Le soir, Jaha ne finit pas son ragout de mouton.
« Tu es malade ?
- Non, juste fatigué par une dure journée »
Sa femme ne comprend pas et se demande quels efforts a fourni Jaha en allant du lit au divan, du divan au café, du café à table , de la table au divan et du divan à table.
Voyant sa mine abattue, elle soupçonne quelque mauvaise affaire.
Puis se rappelant la visite de l’officier elle demande :
«  Que voulait cet officier qui est venu te voir cet après-midi ?
- Le bey m’invite à lui rendre visite demain.
- Que peut-il bien attendre d’un simple commerçant comme toi.
Il veut sans doute t’extorquer quelques milliers de maravédis.
Dis que tu es malade et n’y vas pas. Cela te donnera le temps de trouver une porte de sortie.
- Sache, femme que le bey me tient en haute considération. Il désire me consulter pour une affaire importante.
-Quelle affaire ?
- Crois-tu qu’il allait confier à un simple officier de sa garde la raison pour laquelle il désire me consulter.
- Alors pourquoi es-tu préoccupé au point de perdre l‘appétit.
- Tu ne comprends pas que le fait que le bey veuille me consulter pour ses affaires me rende soucieux.
Tu ne vois pas toutes les opportunités que contient cette situation ?
Si tu ne les réalises pas il est bien inutile que je te donne plus d’explication »
Et Jaha se lève et va se coucher.
Il passe la nuit à retourner le problème dans tous les sens. Ne parvient pas à trouver le moindre petit bout d’explication
 
Le lendemain il se lève tôt.
« Prépare-moi mes vêtements de l’Aïd »
Sa femme ne dit pas un mot et lui sort sa tunique de soie, sa culotte damassée et son beau turban en satin rebrodé.
Jaha s’habille et se rend au palais..
Aux portes du palais, les gardes l’arrêtent et lui demandent ce qu’il vient faire là
Inquiet, il leur dit qu’un officier des gardes est venu chez lui et l’a sommé de se présenter au palais aujourd’hui à dix heures.
L’un des gardes part à l’intérieur du palais.
Entouré de ces hommes avec leur cimeterre, Jaha pense sa dernière heure venue.
A bout de quelques minutes Jaha voit arriver le capitaine des gardes.
Il s’attend à être saisi et jeté dans un cul de basse fausse en attendant qu’on lui coupe la tête.
Le capitaine s’avance vers lui :
«  Suis-moi. »
Jaha suit le capitaine qui se retourne tous les dix pas pour s’assurer qu’il est bien derrière lui.
Traversant toute une série de pièces ils se retrouvent dans le parc qui est derrière le palais.
Une cinquantaine de personnes y sont rassemblées.
Surpris, Jaha aperçoit le bey parmi elles.
Il se met immédiatement à chercher ce qu’il pourra lui dire pour se faire pardonner sa sottise et sa vantardise.
Il se prépare, malgré ses beaux vêtements à se jeter au pied du bey en implorant son aman.
Mais avant qu’il ait pu dire un mot le capitaine le propulse devant le bey :
« Votre Hauteur, voici l’homme dont je vous ai parlé.
- Mais je reconnais Jaha. Le champion de tir à l’arc ! dit le bey sur un ton moqueur.
- Lui-même, votre Hauteur dit le capitaine.
- Jaha, notre capitaine prétend que tu es l’homme le plus courageux qu’il connaisse. Et il s’y connait en courage.
- Votre Hauteur, je…
- Nous allons voir cela tout de suite. Le capitaine est un excellent tireur à l’arc.
Voilà comment tu vas me prouver ton courage :
Tu vas servir de cible vivante au capitaine.
Il tirera trois flèches.
Il est très adroit.
Si tu ne bouges pas, tu n’as rien à craindre. Si tu trembles, si tu bouges, je ne sais pas pourquoi, mais je crois qu’il se fera un plaisir de te transpercer le cœur. 
Préparez l’épreuve. »
Deux gardes encadrent Jaha
Les personnes qui entourent le bey s’installent avec lui sur une estrade.
On fait mettre Jaha à cinquante pas les bras en croix.
Il a si peur qu’il est littéralement paralysé.
Le capitaine prend son arc et tire. La flèche traverse la tunique de Jaha près de sa hanche.
Le capitaine tire une deuxième flèche.
Elle traverse la manche gauche de sa tunique toujours sans lui faire la moindre égratignure.
Jaha est immobile sourd et aveugle tant la peur lui a envahi le cerveau
Le capitaine prend la troisième flèche.
Jaha est persuadé que sa dernière heure est venue.
Il murmure une prière.
Le capitaine tire et la flèche emporte le turban de Jaha.
Les cris des invités et des soldat présents le ramènent à la réalité :
Le capitaine a tiré ses trois flèches et lui n’est pas mort !
Il baisse les bras et s’avance vers le bey :
« Jaha, tu m’as étonné pour la deuxième fois.
Je te savais sage et avisé. Tu viens de prouver que tu es aussi un homme de grand courage. »
Jaha se ressaisit. Il voit l’occasion d’échapper définitivement à la vindicte du capitaine :
« Votre Hauteur et trop généreuse.
Mon courage venait de ce que je savais le capitaine excellent tireur.
J’étais sûr que face à lui, je ne risquais rien.
- Eh bien plusieurs autres, et non de moindre valeur, ont refusé l’épreuve.
Ton courage est remarquable.
Voici pour te récompenser »
Les histoires de Jaha Or1010
Et le bey remet à Jaha une bourse remplie de pièces d’or.
Puis ajoute :
« J’ordonne que l’on remplace ta tunique et ton turban
Ils seront exposés devant le palais en témoignage de ton courage
- Votre Hauteur pourrait-elle aussi faire remplacer ma culotte ?
- Mais elle n’a rien ta culotte
- Dehors non, votre hauteur, mais moi je sais dans quel état elle est à l’intérieur. »
Le bey éclate de rire.
Jaha pense qu’il a tout perdu en disant cela.
« Jaha tu es décidément encore plus courageux que je ne le croyais.
SANS LA PEUR IL N’Y A PAS DE COURAGE.
Je ferai aussi exposer ta culo…   - Jaha pâlit - Bien nous en resterons à la tunique et au turban.
Va te changer et rentre chez toi.
Le capitaine te reconduira aux portes ».
Jaha suit un serviteur qui l’amène dans une chambre où se trouvent une tunique une culotte et un turban neufs et magnifiques.
Il demande où il pourrait faire un peu de toilette.
Le serviteur qui avait déjà été alerté par l’odeur qui commençait à environner Jaha, lui indique une porte.
En ressortant il est revêtu de ses nouveaux vêtements.
A la porte de la chambre, le capitaine l’attendait
Pendant tout le chemin Jaha craint que le capitaine lui coupe la tête avec son cimeterre.
Arrivés aux portes du palais, il dit à Jaha :
« Tu vois ce qu'il arrive quand on se moque de moi? Tu t’en es bien sorti pour cette fois. Et au fond tu as vraiment fait preuve de courage.
File ! Et n’y revient pas. »
Jaha part aussi vite que ses jambes, sa bedaine, le lui permettent.
Lorsque le palais est hors de vue, il reprend sa démarche d’homme digne et important.
 
Arrivé chez lui, sa femme l’attendait près de la porte.
En le voyant arriver elle lui dit :
«  Où as-tu acheté cette tenue magnifique ?
- Le bey me l’a offerte.
- Ne te moques pas de moi s’il te plaît.
- Tu recommences à douter du mari intelligent et courageux qu’Allah t’a donné comme époux ?
Crois-tu que j’aie pu aussi acheter cette bourse de pièces d’or ?
Le bey sait récompenser les hommes de bon conseil. »
Et en s’éloignant Jaha lance.
« Il y en aura d’autres !
Prépare le repas.
Je vais au salon pour réfléchir »


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Message  Gzav Lun 23 Aoû 2021 - 9:40

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Message  Brase d'Anjou Lun 23 Aoû 2021 - 17:19

Voici pour te récompenser »
Et le bey remet à Jaha une bourse remplie de pièces d’or


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Message  Jaufré Cantolys Lun 23 Aoû 2021 - 17:56

Toujours un plaisir de lire ces histoires de Jaha! Very Happy

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Message  william1941 Mar 24 Aoû 2021 - 0:44

Brase d'Anjou a écrit:Voici pour te récompenser »
Et le bey remet à Jaha une bourse remplie de pièces d’or


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Merci Brase.
Jaha est étonné de se voir illustré
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Les histoires de Jaha Empty Jaha et le trésor du corsaire Illustration Brase d'Anjou

Message  william1941 Dim 5 Sep 2021 - 2:46

JAHA ET LE TRESOR DU CORSAIRE
                                                         
Depuis plusieurs jours Jaha arpentait son grand champ
Il tenait à la main un parchemin jauni.
Le regardait, regardait autour de lui. Hochait la tête et plantait un bâton.
Il reprenait ce manège. Plantait un autre bâton. Puis un troisième.
Puis un quatrième.
Puis il secouait la tête. Revenait sur ses pas et enlevait le deuxième batôn.
Il s’asseyait sur une pierre et s’absorbait dans l’étude du parchemin qu’il avait en main.
Murmurait des phrases incompréhensibles.
Il partait dans un autre coin de son champ et recommençait le même manège.
 
Les gens qui passaient par là, intrigués, s’arrêtaient et lui demandaient ce qu’il faisait.
« Je fais ce que j’ai à faire, comme Allah me demande de le faire »
C’était sa réponse, aussi invariable que sibylline.
A l’intérieur de son champ, Jaha continuait à arpenter, mesurer, étudier le parchemin avec les sourcils froncés et le visage tendu.
Il hochait la tête.  Recommençait à enlever un morceau de bois ici. À en planter un autre là.
En rentrant chez lui il tenait le parchemin roulé contre sa poitrine de sorte que l’on ne pouvait voir ce qu’il y avait dessus.
En arrivant il se rendait directement dans le salon, ouvrait la cassette où il rangeait son argent. Plaçait le parchemin. La refermait soigneusement à clef. Puis il mettait la clef dans la poche de sa culotte.
Il continuait à aller régulièrement au café fumer un narghilé vers les onze heures. Revenait chez lui pour le repas de midi. Puis, au lieu d’aller s’installer dans le salon fumer sa chibouque et réfléchir en mangeant des loukoums, il retournait dans son champ.
Un jour il arriva et posa des panneaux sur lesquels il avait écrit :
« propriété privée – entrée strictement interdite »
 
Il y avait trois bonnes semaines que les choses allaient ainsi.
 
Un jour, alors qu’il revenait du café – où par parenthèses – on commençait à le regarder bizarrement, sa femme lui demanda :
« Que ranges-tu dans ta cassette en rentrant le soir ?
- Tu surveilles ton mari ? Prends garde, tu vas mécontenter Allah.
- Je ne te surveille pas. Je t’ai vu, en passant dans le couloir pour aller à la resserre,  ranger quelque chose dans la cassette.
- Ce ne sont pas des affaires de femme.
- Mais où vas-tu donc tous les après-midis ?
- Je vais dans notre grand champ.
- Que vas-tu donc y faire ?
- Je fais les choses selon la volonté d’Allah et je n’ai pas à t’en rendre compte.
- Tout de même, tout cela est bizarre.
Mes amies me disent que leurs maris parlent de toi comme de quelqu’un qui perd l’esprit.
Et certains même se moquent de toi.
- Eh bien, qu’ils se moquent.
Allah les voit et il me voit.
Lui seul dans sa grande sagesse sait ce que je dois faire et pourquoi »
Perplexe et inquiète, sa femme repartie à la cuisine.
Jaha s’assit sur le divan du salon, garnit sa chibouque et réfléchit.
L’odeur du repas le tira de ses pensées.
Tout en mangeant il dit à sa femme :
« Je vais te confier un secret.
Si la chose se sait, je saurai que tu auras parlé car tu vas être la seule avec moi à le connaître.
Peux-tu me promettre que tu sauras te taire ?
- Par Allah….
- Laisse donc Allah tranquille. Contente-toi de me promettre de ne rien révéler.
Je me fierai à ta parole
- Jaha, je te promets de ne pas répéter un mot de ton secret.
- Bien, alors écoute…. »
Et Jaha lui raconta ce qui va suivre.
Il y a un peu plus de deux mois de cela il avait acheté des lots d’anciens tapis persan à un négociant qui était arrivé par bateau provenance de Bassorah.
Le négociant lui avait expliqué que ces tapis, forts anciens, avait appartenus à la famille d’un grand corsaire qui naviguait pour le compte du Calife de Bagdad.
(La femme de Jaha hocha la tête. Elle était au courant pour les lots de tapis. Mais pas pour leur origine.
Ses oreilles semblaient d’agrandir pour mieux enregistrer les paroles de Jaha).
En déballant les tapis il eut le plaisir de les trouver en excellent état. Certains même semblaient n’avoir jamais servi.
C’est en déroulant l’un d’entre-eux que la surprise le laissa immobile pendant un long moment.
Un parchemin, qui semblait aussi ancien que les tapis, avait été roulé dans celui-ci et s’étalait devant lui sur le tapis.
Tout d’abord il ne sut quoi faire.
Il décida de le ranger dans sa cassette pour pouvoir l’examiner plus tard.
Occupé par la revente des tapis, qui soit dit en passant lui rapporta une coquette somme - Le Bey avait eu vent de leur existence et avait envoyé ses gens pour acheter les plus beaux. Jaha en avait tiré un très bon prix. Il avait même offert un tapis de moindre valeur à Sa Hauteur en signe de respect et en remerciement de sa bienveillance passée à son égard.
Il ne s’était plus occupé du parchemin.
Ce n’est que la vente finie et l’argent encaissé qu’ayant retouvé du temps libre, qu’il se préoccupa du document.
Cela lui demanda pas mal de travail et de nombreuses recherches mais il avait fini par acquérir la certitude que c’était le plan du lieu ou le corsaire enterrait les richesses qu’il voulait soustraire au partage avec le Calife.
Il pu finalement déterminer le lieu que la carte qui figurait sur le parchemin indiquait.
Et en affinant le travail il découvrit que ce trésor se trouve enterré dans son grand champ.
Il n’a pas pu, jusqu’ici, déterminer l’endroit exact.
Le champ est grand. Il fait plus de deux cents dönüms.
Il a suivi les indications de la carte sur le terrain.
C’est compliqué. Les repères ne sont pas toujours restés en place.
Il lfaut travailler par recoupements. C’est ce qu’il fait tous les jours depuis presque un mois.
Il pense être près du but. C’est pourquoi, il a mis des panneaux interdisant d’entrer sur son terrain.
Si la chose venait à s’ébruiter, il ne veut pas que quelqu’un vienne et, par chance, trouve le trésor du corsaire avant lui.
Il y a de grandes chances pour que ce trésor soit important.
Quand il aura trouvé le trésor, ils seront riches.
 
Son épouse le regarde complètement subjuguée .
 
« Tu sais maintenant pourquoi je vais tous les jours arpenter notre terrain »
 
Jaha continue à aller sur son terrain.
Il a embauché deux gardes pour surveiller son terrain la nuit.
Il va lui-même surveiller et il lui arrive de dormir sur place dans une couverture qu’il emporte à cet effet
 
Huit jours plus tard, il annonce à sa femme qu’il doit voyager pour une dizaine de jours.
Il doit se rendre dans plusieurs foires pour ses affaires.
 
Jaha est parti depuis cinq jours seulement lorsqu’il revient chez lui.
Son épouse, surprise, lu demande s’il a pu faire de bonnes affaires.
« Excellentes-lui répond-il.
Parfois c’est quand on n’est pas là que se font les meilleures . »
 
Le lendemain matin, Jaha se rend à son champ.
En arrivant un rire énorme secoue sa bedaine.


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Il s’en retourne chez lui et va voir sa femme
«  Je te remercie d’avoir su tenir ta langue.
J’ignore par quel mystère les gens ont appris qu’il y avait un trésor dans notre champ »
Sa femme devient toute rouge et lui dit
«  Je ne l’ai dit qu’à….
- Tais-toi. Il faut toujours employer les gens pour ce qu’ils sont le plus capable de faire.
Et toi dans le colportage de secrets, tu es une experte incontestée parmi tes amies.
Tu as fait exactement ce que je souhaitais.
Et les imbéciles qui t’ont crûe aussi.
Notre champ est entièrement retourné.
Il ne reste plus qu’à semer. »
 
Jaha se rendit au café.
Tous les clients le regardaient avec curiosité et inquiétude.
Il se campa dignement devant eux :
« Je tiens à vous remercier pour avoir retourné mon champ gratuitement.
Vous pourrez continuer les recherches l’année prochaine.
Pour cette année c’est terminé.
Je vais le faire ensemencer gratis par les deux coquins qui vous ont aidé au lieu de vous dissuader d’essayer de me voler. »
Jaha s’assit et ordonna :
« Du thé et un narghilé »
Et il commença à fumer comme si rien ne s’était passé.


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Message  Brase d'Anjou Dim 5 Sep 2021 - 16:02

Le lendemain matin, Jaha se rend à son champ.
En arrivant un rire énorme secoue sa bedaine.


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Message  william1941 Dim 5 Sep 2021 - 16:26

Brase d'Anjou a écrit:Le lendemain matin, Jaha se rend à son champ.
En arrivant un rire énorme secoue sa bedaine.


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merci Brase pour ce Jaha rigolard en voyant son champ retourné sans fatigue grâce à sa ruse
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